📰 225 jours de fermeture

L’Ă©pidĂ©mie de Covid-19 en France, un an de restrictions Ă  gĂ©omĂ©trie variable

Une salle de cinéma parisienne (presque) vide en octobre 2020 © AFP / Valentino Belloni / Hans Lucas

Confinement, couvre-feu, commerces fermĂ©s, cinĂ©mas inacessibles… Depuis prĂšs d’un an, la lutte contre la Covid-19 a demandĂ© des sacrifices plus ou moins grands, partout dans le monde et notamment en France. Nous avons tentĂ© de chiffrer prĂ©cisĂ©ment ce que nous vivons depuis mars 2020.

Ce sont des phrases qu’on commence Ă  beaucoup entendre, Ă  quelques jours de l’anniversaire du dĂ©but du premier confinement : “Cela fait un an que les Français sont confinĂ©s”, “Les restrictions durent depuis un an”, “Un pays paralysĂ© depuis un an”… Et c’est vrai que nous avons tous l’impression d’ĂȘtre un peu prisonniers depuis des mois. Certains bien plus que d’autres, notamment quand les restrictions ont des consĂ©quences Ă©conomiques, sociales, sanitaires, psychologiques, etc.

Mais au-delĂ  du ressenti, qu’avons-nous vĂ©cu concrĂštement, rĂ©ellement, voire mathĂ©matiquement ? Nous avons voulu poser Ă  plat, en chiffres, cette difficile rĂ©alitĂ©.

249 jours d’Ă©tat d’urgence sanitaire, avec des consĂ©quences diverses

AprĂšs les premiers cas officiellement annoncĂ©s de coronavirus en France, en janvier 2020, les choses se sont rapidement accĂ©lĂ©rĂ©es. Et les dĂ©cisions prises, par exemple, en Chine ou en Italie, que l’on observait Ă  distance au dĂ©part, finissent par devenir envisageables, puis incontournables en France. La plus longue de ces mesures, c’est l’Ă©tat d’urgence sanitaire, qui dure encore aujourd’hui et a durĂ© 249 jours, du 23 mars au 10 juillet puis Ă  partir du 17 octobre. Entre ces deux pĂ©riodes, un certain optimisme avait poussĂ© Ă  appliquer une loi “organisant la sortie de l’Ă©tat d’urgence sanitaire”.

Dans le cadre de cet Ă©tat d’urgence, les mesures n’ont pas Ă©tĂ© les mĂȘmes pour tout le monde au niveau national. Les pĂ©riodes les plus marquantes, oĂč absolument toute la population Ă©tait contrainte, ce sont les deux confinements : du 17 mars au 10 mai puis du 30 octobre au 15 dĂ©cembre 2020. Interdiction de sortir en-dehors des cas prĂ©vus par la fameuse “attestation de dĂ©placement dĂ©rogatoire” que nous avons tous appris Ă  utiliser en version papier ou numĂ©rique.

Depuis, ce confinement a Ă©tĂ© un peu allĂ©gĂ© en couvre-feu au niveau national : Ă  partir de 20h du 15 dĂ©cembre 2020 au 15 janvier 2021, puis dĂšs 18h depuis le 15 janvier. C’est encore le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral qui s’applique aujourd’hui.

Pour le reste, on est dans le cas par cas. Les Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es ont par exemple Ă©tĂ© totalement fermĂ©s du 16 mars au 10 mai 2020. Idem pour les universitĂ©s, qui ont elles Ă©tĂ© Ă©galement fermĂ©es aux cours en prĂ©sentiel du 30 octobre Ă  aujourd’hui, avec quelques exceptions, alimentant le malaise Ă©tudiant depuis plusieurs mois.

Commerces dits “non-essentiels”, restaurants, bars, thĂ©Ăątres et cinĂ©ma ont eux aussi subi deux pĂ©riodes de fermeture forcĂ©es, dont l’actuelle qui s’Ă©ternise et menace notamment les domaines de la restauration et de la culture.

100 jours de confinement au total, plus de 200 sans restaurants ni cinémas

Si l’on fait le total de ces pĂ©riodes de restrictions, on constate que la situation est bien plus difficile pour certains que pour d’autres.

Ainsi, la plupart des citoyens français ont Ă©tĂ© bloquĂ©s chez eux 100 jours au total, le temps cumulĂ© des deux confinements. Une pĂ©riode oĂč les dĂ©placements professionnels, en cas d’impossibilitĂ© de tĂ©lĂ©travail, restaient possibles. Le couvre-feu au niveau national, lui, dure depuis 80 jours. Les Ă©coliers sont les mieux lotis, avec “seulement” 55 jours sans aller Ă  l’Ă©cole, une situation que le gouvernement tente de prĂ©server Ă  tout prix.

En revanche, on constate Ă  quel point, dans certains domaines, on se rapproche de cette fameuse “annĂ©e blanche” évoquĂ©e ces derniers jours. Si les commerces prĂ©sentĂ©s comme “non-essentiels”, par exemple, ont subi 84 jours de fermeture totale, on monte Ă  205 jours pour les bars et restaurants. Une situation encore pire dans le monde de la culture : si l’on ne regarde que les cinĂ©mas, par exemple, ils ont connu 225 jours de fermeture totale depuis un an. Presque les deux tiers d’une annĂ©e partis en fumĂ©e.

Article de France Inter du de Olivier Bénis, Christine Siméone

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