📰 CinĂ© CroisiĂšre: le Relais et le GrĂŒn ne veulent pas ĂȘtre hors champ

L’ouverture du CinĂ© CroisiĂšre de Cernay Ă  l’automne 2021 prĂ©occupe les associations de bĂ©nĂ©voles du GrĂŒn et du Relais qui craignent un affaiblissement de leurs propres salles de projection. Elles seront pĂ©rennisĂ©es, rĂ©pond la communautĂ© de communes.

Le Relais culturel Pierre-Schielé à Thann comporte deux salles de cinéma. Archives DNA

Comment faire cohabiter les sept salles du futur multiplexe CinĂ© CroisiĂšre avec la salle de l’Espace GrĂŒn Ă  Cernay et les deux Ă©crans du Relais culturel Pierre-SchielĂ© Ă  Thann  ? Le chantier avançant (lire ci-contre), la mise en service de l’automne 2021 se prĂ©cisant, la question interroge tant les salariĂ©s de l’Epic « Espaces culturels Thann Cernay », nĂ© en juin 2019 de la fusion des deux espaces, que les bĂ©nĂ©voles de l’association Relais culturel de Thann et de l’association des bĂ©nĂ©voles de l’Espace GrĂŒn.

Elle resurgit avec d’autant plus de force que le 13 fĂ©vrier prochain, la communautĂ© de communes Thann-Cernay (CCTC) devrait se prononcer sur l’attribution d’une subvention de 150 000 € Ă  la SAS CinĂ© CroisiĂšre, exploitante du multiplexe, comme l’a dĂ©jĂ  fait Ă  l’unanimitĂ© en septembre 2020 la commune de Cernay. « La RĂ©gion Grand Est est disposĂ©e Ă  accorder une enveloppe de 300 000 €, qui est subordonnĂ©e Ă  une subvention de la part des collectivitĂ©s locales, c’est-Ă -dire de la Ville de Cernay et de la CCTC », avait-il alors Ă©tĂ© rappelĂ© par l’équipe de Michel Sordi.

 

« Ce sont des sujets assez brûlants »

De l’argent public en soutien d’un programme privĂ© de 7M€, le procĂ©dĂ© n’est pas nouveau et entre dans le cadre ordinaire des politiques publiques d’aide Ă  l’investissement privĂ©. Ce qui inquiĂšte certains acteurs de la vie culturelle du territoire, c’est de savoir si l’aide publique ne va pas aboutir Ă  fragiliser les salles de spectacles et de cinĂ©ma de l’Epic. « Ce sont des sujets assez brĂ»lants », reconnaĂźt un bĂ©nĂ©vole. « Le multiplexe est lĂ . Qu’on soit d’accord ou pas, il est absurde de s’y opposer. Ce qu’il faut dĂ©finir c’est comment nous allons travailler avec lui et comment nous allons organiser sur l’ensemble du territoire un projet et une offre culturelle ».

Quels films le CinĂ© CroisiĂšre laissera-t-il au GrĂŒn et au Relais ? Se goinfrera-t-il tous les blockbusters ? Les deux espaces culturels seront-ils en capacitĂ© de maintenir leurs recettes ? La collectivitĂ©, qui abonde dĂ©jĂ  le budget de l’EPIC, augmentera-t-elle son Ă©cot en proportion ou faudra-t-il rĂ©duire la voilure tant du cĂŽtĂ© cinĂ©ma que du cĂŽtĂ© spectacles ? Des Ă©tudes sont en cours, mais l’absence de rĂ©ponse prĂ©cise pour l’heure alimente les rumeurs. « On est attachĂ© Ă  l’histoire des lieux. Le projet culturel nous tient Ă  cƓur. Il faudra trouver un Ă©quilibre », conclut le bĂ©nĂ©vole.

 

Un cabinet d’étude spĂ©cialisĂ© dans le cinĂ©ma missionnĂ©

Si Ă  Cernay, le poids politique du maire Michel Sordi, partisan actif de l’ouverture du multiplexe et 1er vice-prĂ©sident de la CCTC, laisse assez peu de place Ă  l’expression des rĂ©ticences, Ă  Thann l’équation diffĂšre. La citĂ© a changĂ© de premier magistrat en 2020. Gilbert Stoeckel, qui a succĂ©dĂ© Ă  Romain Luttringer, l’ancien prĂ©sident de la CCTC, est deuxiĂšme vice-prĂ©sident de la comcom. Il se montrera attentif Ă  la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts du Relais. De quoi inciter Ă  la dĂ©finition de rĂšgles claire apportant des garanties pour faire cohabiter un projet de zone de loisirs promettant 140 emplois et une offre culturelle publique.

 

La comcom affirme vouloir pĂ©renniser les salles du Relais et du GrĂŒn

C’est ce Ă  quoi s’emploie la CCTC assure François Horny, maire d’Aspach-Michelbach et nouveau prĂ©sident de la comcom : « Notre objectif est d’aboutir Ă  la signature d’une convention qui permette la pĂ©rennitĂ© de nos espaces cinĂ©mas ». Dans cette optique, la collectivitĂ© a mandatĂ© en septembre un cabinet d’études spĂ©cialisĂ© dans le cinĂ©ma et l‘audiovisuel, Hexacom, Ă  charge pour celui-ci d’examiner dans le dĂ©tail les diffĂ©rents scĂ©narios possibles. « Une premiĂšre rĂ©union de restitution aux Ă©lus s’est dĂ©roulĂ©e lundi. Nous avons dĂ©cidĂ© de commander l’étude d’un scĂ©nario supplĂ©mentaire. Je veux ĂȘtre sĂ»r que l’ensemble des options aient Ă©tĂ© examinĂ©es ».

Pour la prĂ©sidence, la personnalitĂ© de Claude Brasseur offre des garanties : « Ce n’est pas une multinationale, c’est un entrepreneur de Guebwiller passionnĂ© par le cinĂ©ma prĂȘt Ă  collaborer Ă  une convention viable pour les deux parties. Je peux comprendre les inquiĂ©tudes des uns et des autres, mais on essaye de bonne foi de trouver une solution satisfaisante pour nos espaces cinĂ©ma et culturels ».

CinĂ© CroisiĂšre de Cernay (2) – Les commerces thannois invitent Ă  refuser la subvention

Emmanuel Roy, gĂ©rant de Paris Parfum, et prĂ©sident de l’Association des commerçants de Thann et environs invitĂ© les Ă©lus de la communautĂ© de communes Ă  ne pas voter la subvention Ă  CinĂ© CroisiĂšre.

« Il n’est pas tout Ă  fait normal que le contribuable subventionne les grandes surfaces », estime Emmanuel Roy pour lequel le projet de zone de loisirs Ă  la CroisiĂšre vient renforcer l’offre commerciale dĂ©ployĂ©e par l’hypermarchĂ© Leclerc, sa galerie et les autres enseignes installĂ©es sur le site de la pĂ©riphĂ©rie de Cernay. « On dit que ces investissements sont crĂ©ateurs d’emplois, mais la CroisiĂšre, c’est 600 emplois pour 230 millions d’euros environs de chiffres d’affaires, Ă  comparer au commerce de centre-ville de Thann qui reprĂ©sente aussi 600 emplois directs pour 20M de CA ».

« L’avenir du commerce n’est pas d’utiliser la voiture »

Le prĂ©sident de l’ACTE appelle les Ă©lus « qui ont dĂ©jĂ  crĂ©Ă© un dĂ©sĂ©quilibre commercial entre le centre-ville et la pĂ©riphĂ©rie Ă  prendre davantage en compte les intĂ©rĂȘts de la ville centre et des commerces spĂ©cialisĂ©s » qui participent Ă  son attractivitĂ©. Ce type de projet, argumente encore Emmanuel Roy, va de plus Ă  l’encontre des prĂ©conisations en matiĂšre d’environnement et de pollution atmosphĂ©rique. « Les Ă©tudes montrent que l’avenir du commerce, au regard des enjeux Ă©cologiques, sera de ne plus utiliser la voiture », voiture dont l’emploi serait indirectement encouragĂ© par le renforcement du pĂŽle commercial et de service de la CroisiĂšre, estime-t-il. « On ne souhaite pas que la subvention de 150 000 € soit accordĂ©e par la communautĂ© de communes ».

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